Pièces de théâtre comiques connues : le répertoire commenté

Quatre comédies connues donnent la mesure du répertoire : Les Fourberies de Scapin et Le Malade imaginaire de Molière, Un chapeau de paille d’Italie de Labiche, Le Dîner de cons de Francis Veber. Pour chaque pièce de théâtre comique connue, voici son auteur, sa date de création, de quoi elle fait rire, à qui elle convient et où la guetter à Pau.
Les pièces de théâtre comiques connues du répertoire classique
La Comédie-Française, fondée par ordonnance royale de Louis XIV le 21 octobre 1680 et surnommée la « Maison de Molière », disposait en 2020 d’un répertoire de près de 3 500 pièces. Molière, mort sept ans avant la fondation de la troupe, en est le patron.
Chaque date citée plus bas est celle de la première représentation, prise sur la fiche de la pièce, avec sa salle de création.
Les comédies de Molière qui reviennent le plus souvent
- Le Médecin malgré lui (Théâtre du Palais-Royal, 1666). Sganarelle, fagotier, passe pour un médecin de génie qui n’avoue ses talents que sous les coups de bâton. Il doit soigner Lucinde, qui feint d’être muette pour échapper au mari choisi par son père. Farce courte et physique, idéale avec des enfants.
- L’Avare (Théâtre du Palais-Royal, 9 septembre 1668). Harpagon tient à sa cassette plus qu’à ses enfants, et cette idée fixe commande chaque réplique ; la typologie du comique le cite en figure du comique de caractère. Un rire qui grince, pour collégiens lecteurs et adultes.
- Le Bourgeois gentilhomme (château de Chambord, 14 octobre 1670). Comédie-ballet créée devant la cour de Louis XIV, musique de Lully, chorégraphie de Pierre Beauchamp. Monsieur Jourdain veut passer pour noble et paie des maîtres pour s’en persuader. Sortie familiale ; vérifiez la durée annoncée.
- Les Fourberies de Scapin (Théâtre du Palais-Royal, 24 mai 1671). Le valet, « habile ouvrier de ressorts et d’intrigues », soutire de l’argent à Argante puis à Géronte avec une histoire d’enlèvement par les Turcs, avant d’enfermer le second dans un sac. Le rire vient du corps : des adolescents suivent.
- Le Malade imaginaire (Théâtre du Palais-Royal, 10 février 1673). Argan se croit malade et veut un médecin dans la famille. Molière tenait le rôle et fut pris de malaise à la quatrième représentation, avant de mourir chez lui : la mort sur scène est une légende. Drôle et sombre, tout public.
Marivaux et Beaumarchais, le rire des rapports de force
- Le Jeu de l’amour et du hasard (Comédiens italiens, hôtel de Bourgogne, 23 janvier 1730). Silvia observe son prétendant sous le déguisement de sa servante Lisette, Dorante se présente comme Bourguignon, Arlequin se fait passer pour son maître. Le rire vient du langage et des maladresses de classe, pour un public déjà familier des saisons.
- Le Mariage de Figaro (Théâtre-Français, 27 avril 1784). Écrite en 1778, donnée en privé le 23 septembre 1783 à Gennevilliers, la pièce attend 1784 pour sa première publique, sous son titre complet : La Folle Journée, ou le Mariage de Figaro. Le comte Almaviva veut rétablir sur Suzanne un droit qu’il avait aboli. Longue et politique, pour habitués.

Vaudeville et fin du XIXe siècle : Labiche et Feydeau
Au XIXe siècle, le mot vaudeville change de sens et désigne une comédie populaire légère, pleine de rebondissements. Son moteur le plus employé porte un nom : le quiproquo, ce malentendu où un être, un objet ou une situation est pris pour un autre.
Labiche, la mécanique du bourgeois lancé dans la rue
- Un chapeau de paille d’Italie (Théâtre du Palais-Royal, 14 août 1851), d’Eugène Labiche et Marc-Michel. Le matin de son mariage, le rentier Fadinard voit son cheval avaler un chapeau de paille accroché à un arbre. Il doit en retrouver un identique, la noce aux talons. Public large, enfants compris.
- Le Voyage de monsieur Perrichon (Théâtre du Gymnase, 10 septembre 1860), de Labiche et Édouard Martin. Deux jeunes gens rivalisent pour la main d’Henriette Perrichon : l’un sauve le père d’une chute de cheval, l’autre se fait sauver par lui, et le bourgeois préfère son obligé. Lisible dès le lycée.
Feydeau, le quiproquo monté sur ressorts
- Un fil à la patte (Théâtre du Palais-Royal, 9 janvier 1894). Bois-d’Enghien veut quitter sa maîtresse, la chanteuse Lucette Gautier, le jour où son mariage paraît dans le journal ; il passe la pièce à cacher la nouvelle et finit en sous-vêtements. Sa fiche compte 129 représentations à la création. Rythme idéal pour des débutants.
- La Dame de chez Maxim (Théâtre des Nouveautés, 17 janvier 1899). Au lendemain d’une fête, le docteur Petypon découvre dans sa chambre la Môme Crevette, danseuse au Moulin Rouge ; son oncle le général la prend pour l’épouse de son neveu. Jouée plus de cinq cents fois, avec une suite en 1902. Pour amateurs de vaudeville.
Le XXe siècle et le théâtre de boulevard
Le théâtre de boulevard désigne une esthétique née des boulevards de l’ancien Paris, où le théâtre bourgeois et populaire s’installe dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, sur ce boulevard du Temple surnommé boulevard du Crime. Trois titres de cette liste, Oscar, Le Père Noël est une ordure et Le Dîner de cons, sont mieux connus par leur film ; au théâtre, le rythme appartient à la salle.
- Knock ou le Triomphe de la médecine (Comédie des Champs-Élysées, 14 décembre 1923), de Jules Romains, mise en scène de Louis Jouvet, qui tenait le rôle-titre. Knock a racheté une clientèle nulle et convertit tout un canton à la maladie : « Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent. » Satire de la manipulation, pour un public attentif au texte.
- Oscar (théâtre de l’Athénée, 1958), de Claude Magnier, avec Pierre Mondy et Jean-Paul Belmondo à la création. Louis de Funès a repris Bertrand Barnier jusqu’en 1972, près de six cents représentations ; le film d’Édouard Molinaro date de 1967. Valises échangées, mensonges en cascade, soirée tout public.
- La Cage aux folles (Théâtre du Palais-Royal, 1er février 1973), de Jean Poiret, mise en scène de Pierre Mondy, avec Michel Serrault en Albin et l’auteur en Georges. Georges et Albin tiennent un cabaret de travestis et ont élevé Laurent, le fils de Georges ; la fiancée de Laurent, Muriel, et ses parents, les Dieulafoi, complètent la distribution. Jouée près de deux mille fois, devant des publics très larges.
- Le Père Noël est une ordure (le Splendid, 1979), par la troupe du Splendid, avec Anémone, Josiane Balasko et Thierry Lhermitte. La veille de Noël, la permanence de SOS Détresse Amitié reçoit des visiteurs excentriques et la soirée part en catastrophes. Film en 1982. Pour adultes et grands adolescents.
- Le Dîner de cons (théâtre des Variétés, 18 septembre 1993), de Francis Veber, avec Jacques Villeret en François Pignon et Claude Brasseur en Pierre Brochant. Chaque mercredi, l’éditeur Brochant et ses amis invitent chacun un homme qu’ils jugent ridicule ; Pignon, passionné de maquettes en allumettes, arrive le soir où Brochant se bloque le dos. Parfait avec des amis peu habitués aux salles.

Comédies récentes déjà passées au répertoire
- Art (Comédie des Champs-Élysées, 28 octobre 1994), de Yasmina Reza, avec Pierre Vaneck, Fabrice Luchini et Pierre Arditi. Serge achète une toile blanche, Marc n’y voit rien, Yvan ne donne son avis qu’à la fin : une amitié se défait sur un tableau. Deux Molières en 1995, auteur et théâtre privé, puis le Tony Award de la meilleure pièce en 1998. Pour habitués des saisons.
- Toc Toc (Théâtre du Palais-Royal, 13 décembre 2005), écrite et mise en scène par Laurent Baffie, avec Bernard Dhéran et Marilou Berry à la création. Six patients attendent le docteur Stern, spécialiste des troubles obsessionnels compulsifs, bloqué à Francfort ; la thérapie de groupe s’improvise, ponctuée de tics. Rire franc, aucun prérequis.
- Le Prénom (théâtre Édouard-VII, 2010), de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, avec Patrick Bruel et Valérie Benguigui. Un convive annonce à table le prénom de son futur fils, Adolphe, et le dîner tourne au règlement de comptes. Plus de deux cent quarante représentations, six nominations aux Molières 2011, film en 2012. Bonne première sortie en couple.
- Edmond (Théâtre du Palais-Royal, 15 septembre 2016), écrite et mise en scène par Alexis Michalik. La pièce retrace, avec quelques libertés, la fin de l’écriture de Cyrano de Bergerac par Edmond Rostand, en 1897. Cinq Molières en 2017, dont celui du théâtre privé et celui de l’auteur francophone vivant. Rassemble des publics très différents.
Les cinq types de comique, titre par titre
- Le comique de situation repose sur des situations incongrues, des quiproquos, des malentendus : La Dame de chez Maxim et Un fil à la patte en vivent.
- Le comique de langage joue des jeux de mots, des doubles sens et des défauts de prononciation, comme le faux savoir médical de Sganarelle dans Le Médecin malgré lui.
- Le comique de gestes passe par les coups, les chutes et les grimaces, très prisés à l’époque de Molière : la scène du sac des Fourberies de Scapin en est le modèle.
- Le comique de répétition reprend les mêmes mots ou les mêmes gestes. Bergson voyait dans le rire « du mécanique plaqué sur du vivant », et la répétition en est la forme la plus visible : les tics des patients de Toc Toc fonctionnent ainsi.
- Le comique de caractère caricature un personnage par une idée fixe : Harpagon dans L’Avare, Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois gentilhomme.
Une bonne comédie en mélange plusieurs, et le résumé d’une programmation dit lequel domine.
Comédie, farce, vaudeville : ce que les mots trient
La comédie est un genre qui fonctionne sur le registre de l’humour ; son nom vient du grec kômos, la fête en l’honneur de Dionysos, et ôidê, le chant. Elle n’est pas toujours drôle : la comédie larmoyante existe. Au XVIIe siècle, elle se définit par contraste avec la tragédie : des bourgeois plutôt que des nobles, la sphère privée plutôt que la politique, une fin heureuse.
- la farce rassemble des pièces courtes qui mettent en scène des types populaires de la vie quotidienne ;
- la comédie de mœurs peint un milieu et ses travers ;
- la comédie de caractère place une idée fixe au centre, et L’École des femmes, en 1662, lui sert de modèle ;
- vaudeville et boulevard désignent d’abord des traditions de salles, pas des niveaux de qualité ;
- une même pièce porte parfois deux dates : Le Tartuffe, joué à Versailles le 12 mai 1664 dans une version perdue puis interdit, n’a pris sa forme en cinq actes que le 5 février 1669.
Les termes de plateau d’une feuille de salle, du côté cour au rappel, sont réunis dans le lexique du théâtre pour le spectateur.

Trouver une comédie connue à l’affiche à Pau
Ces titres circulent. Trois canaux les amènent en Béarn :
- les tournées de théâtre privé, qui voyagent avec des comédies et des têtes d’affiche, vers les grandes salles comme le Zénith de Pau ou le Palais Beaumont ;
- les saisons des théâtres, dont « Théâtre à Pau », la saison de la Ville jouée pour l’essentiel au Théâtre Saint-Louis, qui programment des relectures du répertoire signées d’un metteur en scène ;
- les compagnies locales et les troupes amateurs du Béarn, qui jouent beaucoup de comédies et de classiques en salles municipales.
Ces trois circuits n’annoncent pas au même rythme : une saison de théâtre se dévoile d’un bloc, souvent au printemps ou au début de l’été, alors qu’une tournée s’annonce au fil de l’eau. Le panorama des spectacles à Pau décrit les salles de l’agglomération et les spectacles d’humour, à distinguer des comédies du répertoire : un humoriste seul en scène joue ses propres textes.
Repérer une comédie dans une programmation
Cinq lignes d’une fiche suffisent :
- le titre exact et le nom de l’auteur, qui distinguent Le Dîner de cons de son film ;
- la mention « d’après », qui annonce une adaptation, pas le texte intégral ;
- le metteur en scène et la compagnie, souvent plus parlants que l’auteur ;
- la durée et l’entracte, à comparer avec l’heure du dernier bus ;
- l’âge conseillé ou la mention « tout public », qui tranche pour les enfants.
Pour lire une brochure de saison et choisir sa place, le guide du théâtre à Pau détaille les étapes.
Et cette semaine, où regarder
Ouvrez trois pages : l’agenda de Pau Pyrénées Tourisme, l’office de tourisme, la programmation de « Théâtre à Pau » sur le site de la Ville, et la liste des dates du Zénith de Pau. Cherchez-y le mot comédie et les titres ci-dessus. Les agendas à surveiller et les retours de nuit sont réunis dans le guide pour sortir à Pau le soir.

Choisir selon la soirée
- Avec des enfants : Les Fourberies de Scapin ou Le Médecin malgré lui, courtes, physiques, lisibles sans connaître le texte.
- Avec des amis qui ne vont jamais au théâtre : Le Dîner de cons, Toc Toc ou Le Père Noël est une ordure, trois pièces sans préparation. Pour une soirée dans un seul lieu, repas compris, les formules du dîner-spectacle à Pau tirent vers la revue et l’humour.
- Avec une habituée des saisons : Art, Knock ou le Triomphe de la médecine ou Le Jeu de l’amour et du hasard, dont la mise en scène se discute après le rideau.
- En couple, pour une première fois : Le Prénom ou Un chapeau de paille d’Italie, deux soirées sans prérequis.
Prochaine étape : choisissez deux titres, un classique et une comédie récente, puis cherchez-les dans la programmation de « Théâtre à Pau » et dans l’agenda de Pau Pyrénées Tourisme. Les meilleures places partent dans les abonnements : une date repérée se réserve sans attendre.